Réseaux d’eau : à Rennes, une balle-robot et un drone aquatique repèrent les fuites

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La chasse au gaspillage et aux économies d’eau est lancée. Alors que le plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de cette ressource, préconisé par le gouvernement au printemps dernier, s’est fixé un objectif de 10% d’eau prélevée en moins d’ici à 2030, l’UFC-Que appelait aussi, en juin dernier, les pouvoirs publics à « mettre en œuvre un véritable plan de rénovation des réseaux d’eau ». L’association de défense des consommateurs estime que 20% de l’eau en France est perdu à cause de fuites. Et jusqu’à un litre sur deux dans certaines villes.

Cette situation n’est plus tenable au moment où les déclinaisons régionales de l’ambition gouvernementale se mettent en place. En Bretagne, où 285 millions de m3 ont été prélevés en 2020 dont 77% pour l’eau potable selon la Banque nationale des prélèvements en eau, le Conseil régional lui aussi a dessiné les contours d’un plan d’actions en plusieurs axes.

Outre la préservation de la ressource et des milieux aquatiques, avec l’objectif d’atteindre le bon état écologique des cours d’eau en 2027, la sobriété pour tous et sur toute la chaîne est à l’ordre du jour. Cela passe notamment par une lutte plus efficace contre les fuites de canalisations. Exemple sur le terrain, près de Rennes, où la collectivité Eau du Bassin Rennais, a procédé en décembre à l’inspection d’une canalisation d’eau potable sur un tronçon de 18 kilomètres.

Des capteurs pour recueillir des données précises

« Pour lutter contre le gaspillage d’eau, Eau du Bassin Rennais mène régulièrement des actions préventives et curatives sur son réseau de 4.600 kilomètres afin d’identifier les fuites ou renouveler ses conduites les plus vétustes. Ce qui est inédit dans cette opération menée en décembre et qui sera suivie par l’inspection d’une autre canalisation à la fin du premier trimestre, c’est la longueur du tronçon étudié et la double technologie utilisée », indique Laurent Geneau, directeur général d’Eau du Bassin Rennais. Chaque année, la collectivité produit 28,1 millions de m3 d’eau potable pour ses plus de 240.000 abonnés, soit 550.000 habitants répartis sur 75 communes d’Ille-et-Vilaine.

La conduite inspectée fait partie de ses équipements structurants et représente, à elle-seule, 30% de la consommation annuelle de la collectivité. Longue de 40 kilomètres, traversée par plusieurs points de distribution dans les deux sens, la canalisation relie l’usine de production d’eau potable de Rophémel, à la frontière avec les Côtes d’Armor, au réservoir de Bedée afin d’alimenter Rennes. De type béton avec une âme en tôle, elle date des années soixante et s’approche donc de l’âge pivot pour ce type de structure.

Utilisée pour la première fois en Bretagne, la technologie du groupe américain Xylem couple une SmartBall, sorte de robot acoustique de la forme d’une balle de tennis, équipé de capteurs ultrasensibles, à un drone aquatique d’insertion et de récupération du robot. Xylem a déjà utilisé le robot seul, ailleurs en France, pour vérifier des canalisations plus courtes (Le Mans, Pézenas…). Mais ce recours à une double technologie pour la vérification de canalisations anciennes intéresse d’autres collectivités, comme celle de Nice Métropole.

Douze heures dans l’eau et coordonnées GPS des fuites

« La SmartBall circule dans la canalisation sans interrompre le service aux usagers et permet de repérer les fuites dès 0,1 litre par minute à 7 bar, soit la taille d’une tête d’épingle. Cette première inspection a duré environ 12 heures et va nous permettre d’acquérir des données précises pour savoir si les travaux à mener sont ponctuels ou s’il faut envisager des investigations plus destructrices ou plus coûteuses (prélèvement de béton) », détaille Erwann Guirriec, conducteur d’opérations en charge des barrages chez Eau du Bassin Rennais, dont le budget 2023 s’élevait à 55 millions d’euros.

Selon l’expert, l’utilisation du drone aquatique garantit « le respect des normes sanitaires » et évite aussi d’avoir à caler une inspection sur les vidanges du réservoir. « Nous avons mis en place de fausses fuites pour vérifier le bon fonctionnement du robot. La restitution des données d’éventuelles petites et moyennes fuites ou de points de fragilité est en cours. Cette analyse poussée permettra de repérer leurs caractéristiques et leurs coordonnées GPS précises », ajoute Erwann Guirriec.

Pour Eau du Bassin Rennais, ce type d’opération doit permettre de mieux flécher les priorités d’un futur plan de rénovation des conduites d’eau. Outre la transformation de l’eau brute en eau potable et la livraison de cette production, le syndicat mixte est engagé dans une démarche de protection et d’économisation de la ressource.

Stabiliser la consommation, rénover le réseau

« Les économies d’eau concernent les particuliers, les services et les entreprises. À l’horizon 2035, Il s’agit réduire la consommation de 10 à 20%. Cela signifie que, malgré l’accroissement de la population de Rennes Métropole (+ 60 à 80.000 habitants d’ici à 2035), la logique est à la stabilisation des volumes utilisés. En 2022, la consommation était de 24,3 millions de m3, en 2030 l’objectif a minima est d’y rester », anticipe Laurent Geneau.

Pour y parvenir, Eau du Bassin Rennais, qui possède dix-sept ressources en eau (barrages, rivières et captages souterrains), douze usines de potabilisation de l’eau et soixante-douze réservoirs et châteaux d’eau, actionne trois leviers.

D’abord celui de la performance des infrastructures avec l’ambition de passer d’un rendement de 92% actuellement à 96%. La chasse aux pertes dans le réseau de distribution, et notamment aux fuites, en est un autre.

« Au niveau national, on recense 20% d’eau perdue, 9,3% sur notre périmètre, avec des pertes plus significatives dans les territoires ruraux que dans les métropoles où l’habitat est plus dense. Chaque année depuis 2017, nous renouvelons 55 kilomètres de réseau par an, pour un coût de 10 millions d’euros financé par les factures d’eau », illustre le directeur d’Eau du Bassin Rennais.

Le troisième levier d’action, c’est la sensibilisation des consommateurs, à travers le programme régional Ecod’O, puisque 70% des consommations proviennent des usages particuliers. Sur le plan de la qualité de l’eau, s’ajoute aussi un dialogue régulier avec les agriculteurs, dans le cadre du label Terres de Sources.

En 2021, 40% de la population régionale a en effet reçu une eau ponctuellement ou régulièrement non conforme vis-à-vis des pesticides liés à l’exploitation agricole. Dans ce domaine, la Bretagne a encore des efforts à fournir pour dépolluer ses cours d’eau.

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