Nexter et MBDA s’associent à deux PME pour fabriquer 2000 drones kamikazes pour la France et l’Ukraine

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Il est temps pour l’armée française de mettre les bouchées doubles en matière de drones kamikazes. A l’occasion d’un déplacement chez le fabricant Delair à Labège près de Toulouse (Haute-Garonne) le 29 février, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a annoncé que la France allait faire l’acquisition de 2000 drones de ce type, encore appelés munitions téléopérées dans le jargon militaire. Le montant de l’investissement n’a pas été communiqué.

Pour le droniste toulousain, la retombée de cette visite a été immédiate : Delair a reçu une commande de 150 drones équipés de charges explosives à livrer d’ici à cet été à l’Ukraine, ainsi que 100 appareils supplémentaires dédiés à l’observation, à livrer dans le courant de l’année. Selon le ministre, ces appareils constituent un véritable «’game changer’ pour l’armée ukrainienne».

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Une manière pour le ministère des Armées de saluer la réactivité de ce fournisseur, qui a honoré l’an dernier une commande de 150 drones en un temps record. Les Ukrainiens avaient exprimé un besoin en juin 2023. Le contrat avec la DGA a été signé en juillet et la livraison a eu lieu entre août et septembre ! «Les forces ukrainiennes nous font des retours d’expérience positifs de nos équipements, notamment en matière de résistance au brouillage. Ces retours nous ont permis de développer une quinzaine de fonctions nouvelles qui profiteront également aux armées françaises», se félicite Bastien Mancini, président et cofondateur de Delair.

Les drones kamikazes équipés de charges explosives ont montré leur potentiel sur le front ukrainien. Ils ont la capacité de neutraliser des véhicules blindés et d’atteindre des cibles en mouvement (environ 50 km/heure). Ils sont d’autant plus utiles qu’ils peuvent pallier la pénurie actuelle d’obus, tout en étant moins couteux que les missiles.

Moins de 20 000 euros par drone kamikaze

Pour répondre à la demande de ses clients, l’entreprise a triplé sa production, avec une capacité de livrer 12 drones de grande taille par mois, contre quatre l’an dernier. Son drone le plus imposant, le DT 26, est capable de transporter une charge utile jusqu’à 3 kg. L’appareil affiche une autonomie de trois heures et peut mener des missions dans un rayon d’action de 50 km.

Pour rattraper le retard des armées françaises dans le domaine, la DGA avait missionné spécialement son agence chargée de l’innovation. L’Agence de l’innovation de défense a lancé l’appel à projets baptisé COLIBRI en mai 2022 avec un cahier des charges simple : la munition téléopérée devait être facile d’emploi, facilement transportable, capable de neutraliser des cibles légères distantes jusqu’à 5 km avec une précision métrique. Le critère des coûts a été primordial, ces munitions devraient être significativement moins chères qu’un missile et ne pas dépasser 20000 euros.

En mars 2023, parmi 19 propositions industrielles, l’AID a retenu deux consortiums couplant une PME et un grand acteur de la défense, dont les solutions sont complémentaires. Le premier tandem, associant la PME Novadem et le fabricant de missiles MBDA, propose une munition basée sur un drone à voilure tournante qui favorise sa manœuvrabilité et son usage par le fantassin en milieu urbain.

Des embauches à tour de bras

Le second tandem, associant Delair et Nexter, propose une munition basée sur un drone de surveillance à voilure fixe capable d’aller neutraliser des cibles plus éloignées. «Nous agissons en tant que maître d’œuvre et Nexter nous fournit la charge explosive», précise Bastien Mancini de Delair.

La PME, qui compte une centaine de salariés, surfe le marché de la défense. Grâce à ses commandes militaires, la société vise un chiffre d’affaires supérieur à 20 millions d’euros en 2024 contre 10 millions d’euros l’an dernier. «Il y a cinq ans, nous faisions 80% de notre activité dans le secteur civil. Les proportions sont en train de s’inverser. Notre objectif est d’équilibrer à terme nos activités civiles et militaires», ambitionne le dirigeant toulousain. Avant de développer des drones militaires, Delair s’est imposé sur le segment civil avec des appareils capables de mener des missions d’inspection de pipeline ou encore des lignes électriques. 

En opérant sur les deux marchés, le fabricant peut compter sur une production plus importante pour baisser ses coûts de production. Il a ainsi fabriqué 50 drones par mois l’an dernier. Le droniste recrute à tour de bras, une trentaine d’embauches ont été réalisées l’an dernier et une quarantaine sont prévues cette année.

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