Les quatre défis industriels des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024

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Paris 2024 approche à grands pas. Alors que des millions de personnes sont attendues en France, la compétition représente un défi de taille sur le plan des transports, du BTP, de la défense ou encore du recyclage des déchets. Les industriels de ces secteurs se doivent d’être au rendez-vous pendant cette période où le monde aura les yeux rivés sur l’Hexagone.

Acheminer 100% des spectateurs vers les sites olympiques en transports en commun

500 000 personnes supplémentaires à transporter autour de la capitale. Ce chiffre impressionnant fait craindre l’engorgement des transports en commun franciliens pendant les Jeux olympiques. D’autant qu’aucune des quatre nouvelles lignes du Grand Paris Express (15, 16, 17, 18) ne sera en service au moment de la compétition, comme l’avait promis Emmanuel Macron.

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Alors, pour s’assurer que l’ensemble des spectateurs puissent rejoindre les 25 sites olympiques et paralympiques en transports publics comme s’y étaient engagés les organisateurs, Île-de-France Mobilités prévoit le renforcement de son offre de 15% par rapport à une journée d’été classique et la mise en place d’itinéraires spécifiques. 1 000 véhicules seront également déployés pour transporter les 200 000 personnes accréditées et un service dédié aux personnes à mobilité réduite doit voir le jour.

Ces nouvelles dispositions, dont le coût total est estimé à 200 millions d’euros, s’accompagnent du recrutement par la RATP – en cours – de 6 600 personnes dans la région en 2023, dont 2 700 conducteurs de bus et 400 de métro. Des embauches qui ne suffiront pas à combler la pénurie de personnel observée depuis la crise du Covid-19, d’après les syndicats de la régie autonome interrogés par France Info… Un rapport d’Île-de-France Mobilités publié le 5 décembre confirme cette problématique. «L’indisponibilité des conducteurs est la première cause de trains supprimés», y est-il indiqué. Le syndicat des transports d’Île-de-France souligne également que la RATP a des difficultés à entretenir les voies, les métros et les trains notamment car «la tension pour trouver des effectifs de mainteneurs est constante». En résultent des problèmes de maintenance, qui dégradent la qualité du service.

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Ces conclusions ne présagent rien de bon pour les Jeux olympiques. Et Anne Hidalgo, la maire de Paris, n’a pas manqué de susciter la polémique lorsqu’elle a déclaré le 22 novembre qu’«on ne va pas être prêts» sur le volet mobilités. Clément Beaune, le ministre des Transports, s’est voulu quant à lui plus rassurant, mais a invité les Franciliens à «s’organiser un peu différemment durant cette période» en télétravaillant pour ceux qui le peuvent ou en prenant ses congés à ce moment-là.

Une chose est sûre : la promesse de la gratuité des transports pour les spectateurs qui assisteront aux épreuves ne sera pas respectée. Pis, le tarif du ticket de métro vendu à l’unité passera de 2,10 à 4 euros du 20 juillet au 8 septembre 2024. Les touristes olympiques pourront également acquérir un «Passe Paris 2024» moyennant 16 euros la journée ou 70 euros la semaine.

Livrer les ouvrages olympiques à temps

Village des athlètes, cluster des médias, Marina de Marseille… Au total, la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) supervise près de 70 ouvrages prévus dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024 – qu’il s’agisse d’équipements sportifs, d’aménagements piétons ou encore de nouveaux quartiers. A l’été 2023, moins d’un an avant le début de la compétition, 53 étaient encore en chantier. Objectif pour la Solideo : remettre l’ensemble de ces ouvrages au Comité d’organisation des Jeux olympiques (Cojo) d’ici le 1er mars 2024. Des délais qui pourraient ne pas être respectés pour certains d’entre eux, selon le sénateur PS de la Creuse Éric Jeansannetas, rapporteur spécial de la commission des finances du Sénat sur les crédits de la mission «sports, jeunesse et vie associative». Celui-ci s’inquiétait au mois d’octobre des «dérapages budgétaires» qui pourraient découler d’éventuels retards.

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Après une course contre-la-montre, les ouvrages olympiques seront prêts dans les temps

La Cour des comptes, dans un rapport rendu public en juillet 2023, avait pointé du doigt des «écarts significatifs par rapport aux plannings initiaux» de l’avancée des travaux de plusieurs chantiers, en particulier de celui du Grand Palais, qui subit une importante rénovation pour accueillir les épreuves d’escrime et de taekwondo. Elle avait indiqué que d’autres ouvrages étaient concernés par des retards comme le village olympique, le village des médias ou encore l’Arena de la porte de la Chapelle, et qu’ils faisaient l’objet «d’optimisation de plannings et de mesures de renforcement […] pour les résorber». Si elle craignait des conséquences sur les dates de réception des ouvrages et leur mise à la disposition au Cojo, elle indiquait qu’ils devraient tous être prêts pour le début de l’événement.

Côté Solideo, on assure que tous les ouvrages seront livrés en temps et en heure. Après les Jeux olympiques, la société ne devra pas relâcher ses efforts. Elle sera chargée de mener des travaux de réaménagement pour transformer notamment le village des athlètes et le cluster des médias en quartiers d’habitation.

Assurer la sécurité tout au long de la compétition

Autre enjeu des Jeux olympiques, et pas des moindres : la sécurité. Attentat, cyberattaque, crise sanitaire… La France doit se préparer à affronter toutes les menaces qu’entraîne la tenue de cet événement planétaire. Pour cela, les industriels français de la défense et de la sécurité – ETI, PME comme start-up – se sont organisés dès 2018 autour de grands groupes comme Thales, Atos, Orange, Airbus ou encore Idemia. Comme l’expliquait en novembre à L’Usine Nouvelle le délégué général adjoint du Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres (Gicat) Gérard Lacroix, l’Etat a consacré 14 millions d’euros en 2022 pour mener des expérimentations aux côtés de 89 entreprises.

Lutte anti-drones, cyberdéfense, gestion des foules, lutte contre les menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique… Au total, près de 200 solutions faisant notamment appel à l’intelligence artificielle, aux drones et à la vidéosurveillance ont été testées. Mais pour l’heure, le Gicat estime n’avoir reçu que 20 millions d’euros de commandes de l’Etat, soit un montant dix fois inférieur à ce que les premières études prévoyaient.

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Les industriels déplorent le peu de commandes passées pour la sécurité des Jeux Olympiques

Au-delà des technologies, ce sont avant tout les forces de l’ordre qui assureront la sécurité des spectateurs et des athlètes. Plus de 30 000 policiers et gendarmes seront déployés chaque jour dans la capitale pendant toute la durée des Jeux, ils seront au moins 10 000 de plus au moment de la cérémonie d’ouverture. La sécurisation des sites olympiques relève quant à elle de leurs gestionnaires et du Cojo. Ce dernier estime que 17 000 agents de sécurité privés seront nécessaires chaque jour et 22 000 au plus fort de l’événement. Encore faut-il les trouver… Ce secteur souffre, comme celui des conducteurs de trains, de bus et de métro, d’une pénurie de main d’œuvre. En novembre, le Cojo estimait auprès de Ouest-France que seuls 37% de ses besoins étaient pourvus.

Réutiliser ou recycler 80% des déchets

Si l’organisation de Paris 2024 a abandonné son objectif de zéro déchet et zéro plastique à usage unique pendant la compétition, elle compte bien respecter celui de recycler ou de réutiliser 80% des déchets. Un but ambitieux au vu du taux de retraitement des déchets des Jeux olympiques de Tokyo en 2021 qui avait atteint 62% pour 2 700 tonnes de déchets générés. Et encore, aucun spectateur étranger n’avait assisté aux épreuves en raison de la crise du Covid-19…

Pour réduire le volume de détritus pendant l’événement, Paris 2024 compte paradoxalement sur l’un des plus gros pollueurs plastique au monde, son partenaire officiel Coca-Cola. La multinationale installera 700 fontaines dans l’Hexagone qui fourniront un quart des boissons prévues (eau ou sodas lui appartenant). Celles-ci fonctionneront avec des gobelets en plastique consignés qui seront ensuite recyclés ou donnés à des associations. Coca-Cola distribuera le reste des boissons dans des bouteilles en verre réemployables ou en plastique recyclé.

L’usage de la gourde sera également fortement encouragé et ces dernières seront acceptées sur les sites olympiques. En avril 2023, L’Equipe révélait que le Cojo, invoquant des «risques sanitaires de contamination» et craignant du «dopage par sabotage» si les bouchons n’étaient pas scellés, avait demandé une dérogation pour que les athlètes et les arbitres puissent utiliser des contenants à usage unique pour leurs boissons. Pas moins de 4 millions de breuvage sur les 18 millions au total prévus sont concernés.

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