Les industriels déplorent le peu de commandes passées pour la sécurité des Jeux Olympiques

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L’Usine Nouvelle. – Comment les industriels du GICAT se sont-ils organisés pour relever le défi de la sécurité des Jeux olympiques ?

Gerard Lacroix. – Les industriels sont mobilisés autour d’un programme général consacré à la sécurité de JO depuis 2018. Nous avons constitué une équipe de France associant des grands groupes (Thales, Atos, Orange, Airbus, IDemia…), des ETI, des PME et des start-up. Nous avons écrit au président de la République pour lui assurer de notre engagement pour relever ce défi.

Comment avez-vous travaillé avec les pouvoirs publics ?
En avril 2022, l’Etat est réellement passé à la vitesse supérieure avec l’annonce d’une phase d’expérimentations des techniques de sécurité et de cybersécurité. Pour la mener, le ministère de l’Intérieur a consacré une enveloppe de 14 millions d’euros. Nous avons tiré le bilan de ces expérimentations début 2023.

Sur quelles technologies portaient ces expérimentations…

L’usage des drones et la lutte anti-drones, les centres de commandement, la gestion des foules, la vidéoprotection, la lutte contre les menaces NRBC (menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique, ndlr)…. Nous avons expérimenté près de 200 solutions grâce à la mobilisation de 89 sociétés différentes. Ces expérimentations ont été menées à plus de 90% par des entreprises exclusivement françaises. Plus de 75% d’entre elles ont été réalisées grâce à des PME et des start-up françaises, détentrices d’un vrai savoir-faire en matière de sécurité.

Jusqu’ici quel a été l’effort réalisé par les industriels dans le cadre de ce programme ?

Pour répondre à ce défi, les industriels ont investi d’emblée 9 millions d’euros. Cet effort nous a permis de développer notre R&D et de recruter des ingénieurs pour renforcer nos bureaux d’études. Cela a également permis de nous adjoindre les services de cabinet spécialisés dans le droit de la concurrence et dans le droit européen.

Où est-on aujourd’hui ?
Nous avons tiré les conclusions au plan opérationnel de ces expérimentations menées avec les directions du ministère de l’Intérieur. Et on attend que l’Etat passe commande. L’idée qui est majeure c’est que c’est l’industrie française qui se bat pour que ce soit elle qui assure la sécurité des Jeux grâce à son savoir-faire. Et pas l’industrie américaine, chinoise ou israélienne…Il y a un véritable enjeu de souveraineté.

Justement, quel est le montant des commandes que vous avez reçues ?
Nous estimons avoir reçu pour environ 20 millions d’euros de commandes. C’est loin de ce qui était prévu à l’origine. Quand les premières études ont été lancées, nous étions plutôt sur une base de commandes dix fois supérieure. Certains dispositifs restent en jachère comme les centres de commandement ou encore la cybersécurité qui fait partie des menaces essentielles.

Ces investissements n’ont-ils pas déjà eu lieu à l’occasion de la coupe du monde de Rugby ?
Les deux évènements n’ont rien à voir en matière de sécurisation. La coupe du monde de Rugby s’est tenue dans cinq grands stades qui avaient déjà l’habitude de recevoir des dizaines de milliers de spectateurs. En volume de personnes, et de sites à sécuriser, les JO représentent un défi d’une toute autre autre ampleur.

Est-il encore temps selon vous de rattraper le retard pris?
L’urgence n’est jamais bonne conseillère dans le domaine de la sécurité. Nous estimons qu’il est encore temps car les industriels sont prêts depuis longtemps La flamme olympique arrive le 8 mai à Marseille. Je suis plutôt optimiste et j’espère que des crédits complémentaires se débloqueront en début d’année prochaine.

Selon vous, l’enjeu dépasse les seuls Jeux olympiques…
Les JO, c’est un point de passage, pas une fin en soi. Les expérimentations techniques et les investissements qui devaient en découler ont aussi pour objectif de concourir à la modernisation des forces de sécurité du ministère ainsi qu’à la structuration d’une filière industrielle française. Pour rappel, l’industrie française de sécurité représente un effectif de 160 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros.

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