La France va développer son premier grand drone sous-marin de combat

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Naval Group va concevoir, réaliser et expérimenter avec la Direction Générale de l’Armement (DGA) et la Marine nationale le premier démonstrateur opérationnel d’un grand drone de combat sous-marin français.  L’industriel va pour cela s’appuyer sur un premier prototype réalisé sur fonds propres, le DDO, qui permettra de valider des briques technologiques pour le futur engin, dont la taille sera supérieure.

La France a décidé d’entrer dans le club encore très fermé des nations maîtrisant les grands drones sous-marins. Une technologie déjà développée par les Etats-Unis, la Russie ou encore la Chine, et dans laquelle se lancent d’autres pays, comme le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Dans cette perspective, la DGA a conclu le 28 décembre dernier, avec Naval Group, un accord-cadre pour le développement, la réalisation et l’expérimentation en milieu opérationnel d’un « sous-marin de combat sans équipage ». Cet UCUV (Unmanned Combat Underwater Vehicle) ou XL-UUV (Extra Large Unmanned Underwater Vehicle) sera, selon les informations recueillies par Mer et Marine, plus gros que le démonstrateur de drone océanique (DDO) conçu et réalisé par Naval Group. Ce dernier, dont la qualification s’est achevée à l’été 2023 à l’issue de nombreux essais en mer depuis Toulon, mesure 10 mètres de long pour 2.3 mètres de large, sa masse étant de 10 tonnes. Capable d’atteindre une vitesse maximale de 8 nœuds en plongée, son autonomie peut aller de 5 jours à deux semaines selon la source d’énergie employée et le profil opérationnel. La profondeur d’immersion maximale de ce prototype est de 100 mètres mais Naval Group a conçu une architecture permettant de dépasser les 400 mètres sur de futurs modèles. Doté d’un mât rétractable et de zones modulaires, le DDO peut embarquer différents capteurs, comme un sonar d’étrave ou des antennes de flanc. Il est aussi techniquement conçu pour pouvoir emporter sous son ventre une charge utile, comme un robot téléopéré, un petit drone sous-marin ou même une torpille, voire un dispositif de minage.

Le DDO. 

Le DDO à la mer. 

C’est sur la base de ce premier XL-UUV développé en France, pour lequel les études ont débuté en 2017, que la DGA et la Marine nationale ont commencé avec Naval Group à réfléchir à une future plateforme opérationnelle, avant de décider de se lancer dans cette nouvelle dimension du combat naval. Dans cette optique, un premier contrat a été attribué à Naval Group en mai 2023 pour l’étude des cas d’usages principaux et de l’architecture système d’un UCUV. Un marché qui se poursuit avec l’accord-cadre signé en décembre. Celui-ci débute par un premier volet, d’une durée de 24 mois, qui porte sur la partie la plus critique du projet. Non pas la plateforme en elle-même, mais le « cerveau » dont elle sera dotée pour pouvoir mener à bien ses missions, sur de longues durées et de manière autonome dans un cadre prédéfini. L’engin doit en effet pouvoir être déployé dans la durée sans être téléopéré.

A cet effet, les ingénieurs de Naval Group travaillent depuis plusieurs années sur un système innovant d’autonomie décisionnelle contrôlée (ADC), employée notamment par le DDO. Elle permet de planifier les missions, fixer des limites au drone pour lui permettre d’évoluer en toute sécurité, tout en lui laissant suffisamment de marges de manœuvre pour réagir le plus efficacement possible en fonction des évènements et situations rencontrées, ainsi que des objectifs à atteindre. L’ADC s’appuie sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage du système, qui se nourrit de cas simulés et, surtout, des multiples essais conduits par des démonstrateurs. Sachant que l’engin doit non seulement pouvoir évoluer seul mais aussi, au besoin, s’inscrire dans une logique de combat collaboratif impliquant un réseau plus ou moins vaste combinant des plateformes pilotées et robotisées.

A Toulon, les ingénieurs de Naval Group travaille sur l’autonomie décisionnelle contrôlée (ADC) des drones. 

Le premier marché notifié par la DGA visera donc à développer une version de l’ADC adaptée au futur UCUV et aux missions pour lesquelles les militaires veulent l’expérimenter dans un environnement opérationnel. L’un des enjeux est de rendre particulièrement robuste la planification et le suivi des missions, ainsi que la sécurité de la navigation en surface et sous l’eau. Cette nouvelle ADC pourra être testée en conditions réelles sur le DDO, qui servira également à qualifier des briques technologiques pour le futur drone, en particulier en matière de détection sous-marine, d’endurance ou encore de mise en œuvre en sous-ordre. Des briques qui feront l’objet d’autres contrats au fil de l’avancée du programme.

En ce qui concerne le mode de propulsion, il n’est pas encore arrêté. Alors que le DDO, doté d’une ligne d’arbre et d’une hélice à sept pales, est équipé de batteries, il est aussi possible d’intégrer un moteur diesel, une pile à combustible ou un mix de ces sources d’énergie.

Pour l’heure, ce projet demeure très secret. On sait seulement que le futur engin sera plus gros que le DDO. Quant à ses capacités, notamment militaires, les cas d’usages et missions envisagées, le calendrier et même le lieu de construction prévu, ils sont confidentiels. Sachant que le premier marché est de 24 mois, et que le temps de développement de l’UCUV sera logiquement plus court que celui du DDO (réalisé en 2020 et qualifié en 2023), le drone pourrait être assez rapidement à la mer, probablement à partir de 2027.  

Ce type d’engin, grâce aux progrès accomplis en matière de numérisation et de miniaturisation des systèmes, ainsi que d’intelligence artificielle, peut présenter de nombreux avantages. Ce qui explique d’ailleurs l’intérêt que cette capacité suscite dans un nombre grandissant de nations. Grâce à leur discrétion et leur endurance, les UCUV peuvent apporter un précieux complément aux moyens actuels en matière de surveillance lointaine, de lutte anti-sous-marine ou encore d’interdiction d’une zone maritime, via leurs capteurs, leur armement, des dispositifs de brouillage ou encore la possibilité de déployer de petits drones. Mais on peut aussi très bien imaginer leur utilité dans le cadre des nouvelles stratégies offensives dans les fonds marins pour assurer des missions d’espionnage, voire de sabotage d’installations critiques. Le champ d’application potentiel est donc très vaste.

Enfin, au-delà de la nécessité de rester dans la course aux ruptures technologiques avec d’autres grandes puissances, la France, en développant ses premiers grands drones sous-marins, pourra non seulement se doter de capacités innovantes, mais aussi, en les possédant et en les opérant, mieux anticiper et se prémunir contre de telles menaces mises en œuvre par des compétiteurs stratégiques.

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