Iran : qui était le général Qassem Soleimani, tué il y a quatre ans par un drone américain en Irak

, Iran : qui était le général Qassem Soleimani, tué il y a quatre ans par un drone américain en Irak
, Iran : qui était le général Qassem Soleimani, tué il y a quatre ans par un drone américain en Irak

FOCUS – Une double explosion près de la tombe du général assassiné par les États-Unis a provoqué la mort de 103 personnes, alors qu’une foule célébrait le quatrième anniversaire de sa mort.

Alors qu’une foule célébrait le quatrième anniversaire de la mort du général iranien Qassem Soleimani, une double explosion a fait 103 morts et 180 blessés à Kerman, dans le sud de l’Iran. L’incident, dont les causes demeurent inconnues, survient quelques jours après l’assassinat de Razi Moussavi, général des Gardiens de la révolution iraniens, par une frappe israélienne en Syrie, et au lendemain d’une attaque israélienne contre un dirigeant du Hamas dans le fief du Hezbollah à Beyrouth.

À découvrir

«Martyrs d’aujourd’hui»

L’incident n’a rien d’anodin alors que, depuis l’éclatement du conflit entre l’État hébreu et le mouvement terroriste Hamas le 7 octobre, les tensions s’aggravent entre Israël et l’«Axe de la résistance» principalement chiite, qui rassemble la République islamique d’Iran, le Hamas, le Hezbollah libanais, les milices pro-iraniennes en Irak et les forces pro-Bachar al-Assad en Syrie, et dont le général Soleimani était une figure considérée par eux comme héroïque et depuis érigée en martyr.

Hassan Nasrallah, dirigeant du Hezbollah, devait d’ailleurs lui rendre hommage ce mercredi en prononçant un discours, marquant sa troisième prise de parole depuis le 7 octobre. En attendant son arrivée dans une salle comble à Dahiyeh, au sud de Beyrouth, de nombreux militants ont brandi les photos du général mort il y a quatre ans, tandis qu’une vidéo sur sa vie était diffusée sur l’écran principal, d’après le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour. Arrivé trente minutes après l’heure prévue, le leader du parti chiite a finalement prononcé quelques mots de condoléances aux «martyrs aujourd’hui», désignant par-là ceux morts à Gaza et Qassem Soleimani. Il a ensuite reporté ses déclarations quant au conflit avec Israël à vendredi. «J’aborderai la question libanaise en profondeur», a-t-il promis.

Quelques heures avant que Soleimani ne trouve la mort le 3 janvier 2020, les deux dirigeants s’étaient entretenus à Beyrouth, d’après une enquête du Figaro sur les dessous de cet assassinat dont les conséquences se font encore ressentir.

Force Al-Qods

Issu d’une famille de paysans de Kerman, ville au sud de l’Iran où il a été enterré, Qassem Soleimani, alors ouvrier, a 21 ans lorsqu’éclate la révolution islamique de 1979 qui bouleverse le destin de l’Iran. Un an plus tard, il rejoint les rangs des Bassidjis, force paramilitaire iranienne envoyée au front contre les soldats de Saddam Hussein lors de la guerre Iran-Irak, qui durera jusqu’en 1988.

Peu à peu, il gravit les échelons des Gardiens de la révolution, avant de devenir en leur sein le chef de la force Al-Qods (qui signifie Jérusalem en arabe, NDLR), unité d’élite chargée des opérations extérieures, en 1998. Architecte d’un réseau de milices alliées au régime islamique iranien à travers le Moyen-Orient, il est mobilisé en Syrie et en Irak où se déploient ces groupes, ainsi qu’au Yémen ou au Liban, où il côtoie Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah libanais. D’abord figure de l’ombre, Soleimani acquiert au fil des ans une notoriété grandissante. «Soleimani est passé de commandant militaire à marionnettiste fantôme, s’appuyant sur une intelligence discrète et un courage à toute épreuve pour renforcer l’influence de l’Iran sur la scène internationale», analysait en 2019 pour Foreign Policy le général américain Stanley McChrystal, qui avait hésité à ordonner l’attaque d’un convoi transportant Soleimani en 2007. «Soleimani est sans doute l’acteur le plus puissant et le plus libre au Moyen-Orient», rappelait encore le général.

«Bâton de dynamite»

À tel point que son assassinat, perçu comme une ligne rouge à ne pas franchir, a provoqué une onde de choc dans la région. Le président américain Donald Trump, à l’initiative de la frappe, a «jeté un bâton de dynamite dans une poudrière», avait alors insisté Joe Biden, qui lui a depuis succédé à la tête des États-Unis.

Sa mort était justifiée, pour le président républicain : face aux attaques incessantes des forces militaires américaines par des milices chiites en Irak et la mort d’un Américain sur une base militaire de Kirkouk, Donald Trump avait choisi de riposter par cet assassinat ciblé du général, mettant un point final à l’apaisement relatif des relations entre les deux pays entrepris par son prédécesseur Barack Obama et acté par l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, duquel Trump s’était désengagé en 2018. Décrétant un deuil national de trois jours, le guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, avait alors assuré qu’une terrible «vengeance» s’abattrait sur les responsables de sa disparition.

Des Irakiens participent à une veillée aux chandelles marquant le quatrième anniversaire de l’assassinat du commandant iranien Qassem Soleimani et du commandant irakien Abu Mahdi al-Muhandis, près de l’aéroport international de Bagdad, le 2 janvier 2024. AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Les images du général âgé de 62 ans au moment de sa mort, aux cheveux et à la barbe grisonnante et toujours affublé de son uniforme militaire, n’en finissent pas d’apparaître à travers la région, surtout lors des commémorations annuelles le 3 janvier : celle de 2022 en Irak avait rassemblé des milliers de personnes. À Beyrouth, un buste en bronze du général iranien portant un keffieh installé dans la banlieue sud avait suscité la fierté des uns, tandis que d’autres s’effrayaient d’y voir une tentative de domination de l’espace public par le Hezbollah.

Le «martyr» de la résistance chiite et le «parti de Dieu» libanais n’auront jamais été si proches, alors que l’explosion en Iran coïncide avec une première frappe israélienne à Beyrouth, dans un quartier contrôlé par le Hezbollah.

La chronique a été générée du mieux possible. Dans la mesure où vous envisagez de mettre à disposition des informations supplémentaires à cet article sur le sujet « Pilote de Drone pour nouveaux points de vues » vous pouvez adresser un message aux contacts indiqués sur ce site web. comzy.fr est une plateforme numérique qui archive diverses actualités publiées sur le web dont le domaine de prédilection est « Pilote de Drone pour nouveaux points de vues ». Ce texte autour du thème « Pilote de Drone pour nouveaux points de vues » fut sélectionné sur le web par les spécialistes de la rédaction de comzy.fr. En consultant régulièrement nos pages de blog vous serez au courant des futures annonces.