Décollages et appontages en vidéo du drone Mojave depuis le porte-avions Prince of Wales

, Décollages et appontages en vidéo du drone Mojave depuis le porte-avions Prince of Wales
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Décollages et appontages très courts sur le Prince of Wales

Le 15 novembre 2023, General Atomics Aeronautical Systems (GA-ASI), en coopération avec la Royal Navy, faisait apponter son drone Mojave sur le pont du porte-avions HMS Prince of Wales (R09, classe Queen Elizabeth). Ce 12 décembre, GA-ASI publiait une vidéo haute qualité des manœuvres du Mojave sur le porte-avions anglais (ci-dessous).

La première partie de la vidéo montre l’arrivée sur le pont d’envol depuis l’ascenseur arrière ou encore un dernier essai moteur avant le décollage. La deuxième partie de la vidéo est très intéressante car on peut y apercevoir le décollage. Le Mojave ne prend pas une trajectoire de décollage classique (pointillés jaunes, image ci-dessous) et suit une ligne transversale (pointillés rouges), probablement peinte spécialement pour ces essais. De fait, le drone n’utilise pas le ski-jump du porte-avions anglais… même s’il n’en n’a pas besoin. Pour rappel, le dernier né de GA-ASI est un drone aux capacités de décollages et atterrissages courts (STOL). Cette capacité est démontrée sur le point d’envol : la vidéo voit le drone décoller avant le marquage des 600 pieds. De fait, sur les 900 pieds disponibles, le drone décolle en moins de 300 pieds (soit moins de 91,44 mètres). Pour rappel, à terre et en configuration de reconnaissance avec une endurance faible (quelques heures), le Mojave a besoin d’une piste de 400 pieds (soit 121,92 mètres).

Pourquoi ces essais ?

Lors du développement de la classe Elizabeth, la Royal Navy a décidé d’acheter deux porte-avions en configuration STOVL (Short Take-Off Vertical-Landing). Ainsi, contrairement aux porte-avions CATOBAR (Catapult-Assisted Take-Off Barrier-Assisted Recovery) de la classe Nimitz, Gerald R. Ford ou encore Charles de Gaulle, les deux porte-avions anglais ne sont pas équipés de brins d’arrêt ou de catapultes. Cette configuration limite alors le choix des appareils et donc, des capacités de projection de puissance. 

L’intérêt de disposer de drones MALE depuis ce type de navire permet alors de combler certaines capacités, inexistantes ou peu présentes au sein du groupe aérien embarqué : lutte anti-sous-marine, guerre électronique, reconnaissance tactique,… ou d’augmenter les capacités de projection de force, via l’ajout de drones de combat. Le Mojave peut emporter jusqu’à 16 missiles antichars AGM-114 Hellfire (ou équivalent) mais également être configuré pour des missions de reconnaissance avec un radar à synthèse d’ouverture (SAR), un système de visualisation des cibles mobiles (MTI) ou encore être équipé pour des missions de reconnaissance électromagnétique (SIGINT).

Juste le Mojave ?

Si le Mojave a été développé pour effectuer des opérations de décollages et atterrissages courts, il a également permis à GA-ASI le développement d’un kit pour les MQ-9B SkyGuardian et MQ-9B SeaGuardian. Ce kit, dénommé STOL, permet de transformer rapidement, et sans modifier en profondeur, un MQ-9B pour lui permettre d’effectuer des décollages et atterrissages courts. De fait, un SeaGuardian STOL peut désormais opérer depuis un porte-avions STOVL ou même un porte-hélicoptères. Comme décrit ci-dessus, ces navires ne disposent pas d’un groupe aérien embarqué très variés et ne pouvant répondre à de nombreuses missions. L’ajout du SeaGuardian STOL permet de répondre aux besoins spécifiques des missions de lutte de surface, lutte anti-sous-marine, reconnaissance maritime,… en fonction des pods, capteurs et munitions emportés sur le drone.

GA-ASI cherche à étoffer son offre de drones – déjà bien fournie mais également reconnue mondialement – en répondant aux besoins rencontrés actuellement par de nombreuses marines à travers le monde. Il faut donc s’attendre à une augmentation de la présence de ces drones MALE maritimes aux capacités de décollages et atterrissages courts depuis les ponts d’envol de nombreux navires à travers le monde.

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