Agriculture « de précision », hydrogène, drones : la technologie peut-elle vraiment réduire le bilan carbone agricole

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L’agriculture est responsable de 19% des émissions de gaz à effet de serre, sans compter la dégradation des sols et l’usage de pesticides dangereux pour la biodiversité. Mais des innovations technologiques pourraient changer la donne.

C’est l’une des revendications des agriculteurs auxquelles le gouvernement a cédé. La fin de la niche fiscale sur le gazole non routier (GNR) a finalement été annulée le 26 janvier, après une semaine de contestation. Cette hausse de taxe, justifiée par l’argument écologique de la sortie des énergies fossiles, a provoqué notamment la colère du secteur des grandes cultures, grand consommateur de carburant.

Quelques jours plus tard, le gouvernement s’apprête à une nouvelle reculade, cette fois sur le plan Ecophyto, qui devait fixer des objectifs de baisse d’usage des pesticides. Là encore, pour apaiser la colère des agriculteurs.

Ce phénomène est symptomatique du marteau et de l’enclume entre lesquels se trouve toujours le secteur agricole. D’un côté, le modèle tout-pesticides et le réchauffement climatique mènent inévitablement le vivant, et l’agriculture elle-même, à l’épuisement. De l’autre, les injonctions à « verdir » le secteur sont mal accueillies en raison de leur coût et du manque d’alternatives.

Il faut dire que selon le GIEC, l’agriculture est l’un des principaux postes d’émissions à effet de serre (GES) dans le monde, à hauteur de 23%. En France, en 2021, l’inventaire national des émissions françaises de GES attribue à l’agriculture 18,4 % de ses émissions. En cause, le CO2, mais surtout le méthane et le dioxyde d’azote dus aux engrais chimiques. Et c’est sans compter la consommation d’eau douce et l’appauvrissement progressifs des sols, qui menace la sécurité alimentaire.

Devant ce constat, constructeurs et syndicats agricoles promettent une nouvelle révolution technologique, pour ralentir le changement climatique sans remettre en cause le modèle. Mais la technologie peut-elle permettre de surmonter ces défis ? 

Depuis le milieu des années 2010, le thème de « l’agriculture de précision » porte un grand nombre de recherches autour de l’évolution du matériel agricole, de l’usage de plus en plus répandu de l’outil informatique et des carburants.

La pression est double. D’une part, celle des rendements qui ont ralenti leur croissance dans les grandes cultures depuis la fin des années 90, et dont il faut maintenant réduire les coûts. D’autre part, les consommateurs prennent conscience tout à la fois de la crise écologique et des risques liés aux produits dits « phytosanitaires », et cherchent à « manger mieux » pour la planète et leur santé.

Chambre d’agricultures, constructeurs et exploitants se sont dont emparés du sujet et promettent, chacun leur tour, de « verdir » l’agriculture par la technologie. La gestion des parcelles à l’aide d’outils satellites et des drones est déjà d’actualité, comme le système RTK Centipède, mais certains vont plus loin.

Ainsi, le constructeur allemand Fendt promet, à grands renforts d’images de synthèses d’utiliser un « essaim » de petits robots pour semer et surveiller individuellement les plants tout au long de leur croissance.

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Certes, ces robots, comme le tracteur autonome de New Holland ou le tracteur robotisé électrique Sesam 2 de John Deere, n’ont pas encore dépassé le stade du prototype, et leur utilisation pourrait se limiter à certaines topographies bien particulières. « On est vraiment dans le concept« , confie Julien Saint-Laurent, directeur marketing chez le constructeur américain John Deere.

« Le problème vient du fait que les cycles d’utilisation des machines agricoles draine les batteries à une vitesse folle« , explique-t-il. Pour la même raison, le tracteur électrique pour les grandes cultures n’est pas pour demain : les batteries devraient faire six tonnes pour fournir à la machine l’énergie nécessaire. Et c’est sans compter l’intelligence artificielle de la machine, qui n’est pas encore au point pour fonctionner sans action humaine.

Certains tracteurs autonomes ou semi-autonomes sont bien utilisés aux États-Unis, mais essentiellement pour des « travaux simples« , sur les immenses parcelles carrées typiques de l’agriculture américaine, ce qui est difficilement transposable en Europe.

En revanche, des progrès sont faits sur les carburants, poursuit le cadre de John Deere. Si l’hydrogène est plutôt une « piste de long terme », dont l’expérimentation par le constructeur vient de commencer, elle est encore fragile.

D’autant plus fragile d’ailleurs, que les industriels deviennent de plus en plus frileux, à l’image de Valérie Ruiz-Domingo, vice-présidente hydrogène pour Engie, qui confiait à la Tribune en janvier que « le sujet, c’est vraiment de trouver des clients qui sont prêts à payer les surcoûts » de cette énergie, en général beaucoup plus chère.

Le gaz (naturel ou issu de la méthanisation), difficile à stocker, n’est pas non plus à l’ordre du jour. L’huile végétale hydrogénée (HVO) fait quant à elle partie des pistes prometteuses, puisque son coût hors-taxe pourrait être équivalent à celui du gazole toutes taxes comprises. L’éthanol est aussi envisagé, mais encore faut-il que ces carburants soient accessibles.

Là encore, c’est sur le continent américain, où la filière du maïs et de la canne à sucre permettent de produire massivement de l’éthanol combustible, que les progrès sont observés.

Certaines améliorations, moins spectaculaires, sont cependant bel et bien en train d’aboutir, notamment via le pilotage intelligent de la pulvérisation de produits. Ainsi, le système « See and Spray » de John Deere promet une pulvérisation intelligente et ciblée d’intrants, (c’està-dire de produits pesticides, d’engrais) tout comme le « One Smart Spray » de CNH. « Chaque buse du système est contrôlée par l’un des cinq ordinateurs embarqués« , explique Julien Saint-Laurent. Ou encore des boîtes de transmissions intelligentes pour économiser le carburant.

Les agriculteurs eux-même sont moteur de cette innovation. En 2021, Rémi Gaget, installé à Ascoux dans le Loiret, a inventé un robot miniature, piloté à distance. Ce dernier permet d’économiser la main d’œuvre, mais aussi les pesticides, en déposant des « trichogrammes », des dispositifs remplis de petites mouches prédatrices de certains insectes ravageurs. « Grâce à une caméra embarquée, le Rover va pouvoir repérer les mauvaises herbes, la dispersion des herbicides sera localisée et leur consommation va logiquement diminuer« , expliquait l’agriculteur à France 3 en avril 2023.

Toutes ces innovations, et celles qui nous attendent dans les années à venir, feront-elles une différence pour l’environnement ? Difficile à dire. Il faudrait pour cela que les économies de carburant et d’intrants soient massives.

Les rapports successifs du GIEC pointent vers une meilleure utilisation de l’eau, la réduction des pesticides et engrais mais aussi le changement des habitudes de consommation, avec moins de protéines animales et davantage de protéines végétales. Autant de sujets sur lesquels les reculades du gouvernement face à la FNSEA sonnent comme des échecs.

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