A Pierrelatte, la filiale d’Airbus Survey Copter fabrique des drones de reconnaissance pour la Marine nationale

, A Pierrelatte, la filiale d’Airbus Survey Copter fabrique des drones de reconnaissance pour la Marine nationale

Des bancs d’essai, des pièces de fuselage et des techniciens qui assemblent des pièces électroniques : la ligne de production de Survey Copter possède toutes les caractéristiques d’une usine aéronautique… En miniature. Fondée dans les années 1990 par des passionnés qui montaient des caméras sur des hélicoptères radiocommandés, l’entreprise s’est développée en livrant plusieurs centaines de drones de reconnaissance à l’Armée de terre entre 2004 et 2019.

Entrée dans le giron d’Airbus Defense and Space en 2011, cette PME installée sur l’aérodrome de Pierrelatte (Drôme) a remporté fin 2020 un contrat pour fournir 11 systèmes de drones de reconnaissance à la Marine nationale. Baptisé Aliaca, chaque système se compose de deux drones (2,2 mètres de long pour 16 kilos, ndlr), d’une catapulte, d’un filet et d’une station de contrôle au sol. Depuis, les marins ont passé deux commandes additionnelles pour huit systèmes supplémentaires en 2022 et 15 autres en décembre 2023.

VOS INDICES

Toutes les frégates légères et les patrouilleurs équipés d’ici 2026

En cours de déploiement, mais opérationnels depuis 2022, ces derniers permettent aux navires sans hélicoptères d’avoir des capacités de reconnaissance aérienne. Une fois en l’air, l’Aliaca peut observer la surface de jour comme de nuit jusqu’à 3000 mètres d’altitude et pendant trois heures. Il est ensuite récupéré par un filet dans lequel il vient s’accrocher. Sa maitrise nécessite cinq semaines de formation, assurée par l’entreprise.

Survey Copter

Rangé dans une malle, le drone Aliaca peut être catapulté en 15 minutes et voler durant 3 heures.

D’ici 2026, tous les patrouilleurs de haute mer (PHM) ainsi que ceux destinés à l’outremer (POM) et plusieurs sémaphores côtiers comme celui du Cap Gris-Nez (Pas-de-Calais) en seront équipés. Des bâtiments plus lourds avec un hélicoptère à bord vont aussi recevoir le système de Survey Copter à l’image des frégates légères furtives (FLF) et des frégates de surveillance (FS). «Même si les hélicoptères peuvent embarquer des caméras plus précises, l’heure de vol coûte cher quand il faut chercher des objectifs non identifiés, indique Christophe Canguilhem, président de l’entreprise de 53 salariés. L’Aliaca est aussi plus discret avec son moteur électrique silencieux.»

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Sur son site, Survey Copter a réorganisé sa production en s’inspirant des méthodes d’Airbus. «Nous avons pris des idées en visitant la chaine d’assemblage du H160 chez Airbus Helicopters, indique Jérôme Carichon, responsable de la production et intarissable sur chaque étape de la fabrication de l’Aliaca. Nous sommes maintenant en monoflux, toutes les pièces arrivent au même endroit puis sont distribuées en fonction des besoins. Nous avons aussi informatisé les documents pour pouvoir suivre la production en temps réel.» Survey Copter fabrique 70% des pièces de l’Aliaca en interne, dont certaines grâce à des imprimantes 3D comme pour les boitiers des connecteurs électroniques ou le capuchon des hélices. Le reste est sous-traité à des entreprises françaises comme pour la voilure et le fuselage en fibre de verre. Enfin, quelques pièces critiques sont achetées à des entreprises américaines. Une fois contrôlées, toutes sont assemblées sur place pour former les drones, catapultes et boitiers de contrôles. Viennent alors les tests, à commencer par celui du moteur qui est vérifié dans un conteneur équipé d’un puissant ventilateur qui recréer ses conditions de vol. Pour la caméra du drone, un banc d’essai a lui aussi été créé sur l’aérodrome. Bâtie sur une falaise à l’horizon, l’église voisine de la Garde-Adhémar (Drôme) sert de point visuel pour certains réglages.

Un drone pour des missions civiles et militaires en 2025

N’ayant vendu l’Aliaca qu’à la Marine nationale, Survey Copter souligne qu’il s’est récemment illustré dans des missions de lutte contre la piraterie et les trafics illicites dans le Golfe de Guinée ainsi que dans les Antilles. Une carte de visite «sea proven», qui doit lui permettre de convaincre des clients à l’export avec l’appui du réseau commercial d’Airbus. Si 95% de son chiffre d’affaires de 10,5 millions d’euros en 2023 provient de son contrat avec la Marine nationale, l’entreprise en détient d’autres pour le maintien en condition opérationnelle (MCO) de drones plus anciens vendus à l’Autriche ainsi qu’à plusieurs pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Survey Copter

L’Aliaca sera déployé l’ensemble des navires de second rang de la Marine nationale d’ici 2026

Pour la suite, SurveyCopter vise plus grand avec son futur drone Capa-X, qui doit être opérationnel en 2025. L’engin, dont un prototype attend sagement dans ses hangars, est imposant. D’un poids de 100 kilos, il sera capable d’emporter 10 kilos de charge utile dans un rayon de plus de 100 kilomètres pour des usages aussi bien militaires que civils. «Le projet a été lancé mi-2022, nous sommes obligés d’aller vite, car la doctrine et les technologies évoluent vite», indique Christophe Canguilhem. Le Capa-X sera multi-missions : il pourra livrer du matériel à un pilote tombé derrière les lignes ennemies ou surveiller des lignes à haute tension. L’engin possèdera aussi la capacité de décoller à la verticale grâce à des hélices dédiées.

Survey Copter compte sur cet engin pour répondre à la demande d’informations lancée en 2023 pour un système de drone tactique léger (SDTL) par la Direction générale de l’armement (DGA). Les armées projettent d’en commander plusieurs dizaines, notamment pour ses forces spéciales. En attendant, l’entreprise drômoise projette déjà une nouvelle ligne d’assemblage pour le Capa-X. Elle va agrandir ses locaux actuels et construire un nouveau hangar sur son site pour améliorer la production de son Aliaca ainsi que recruter 10 salariés supplémentaires.

 

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